« C’est une ennemie politique. » Voilà comment, sous couvert d’anonymat, quelques grands patrons accueillent, dans Le Figaro, la candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle.
Le mot est lâché, et il dit tout : non pas d’elle, mais d’eux. Car, enfin, de quel droit parlent-ils au nom du « monde de l’entreprise » ? La plupart n’ont probablement jamais créé une entreprise, jamais risqué un euro de leur patrimoine, jamais connu l’angoisse d’une fin de mois où l’on paie les salaires avant de se payer soi-même. Ce sont des dirigeants salariés, souvent issus des grands corps de l’État, passés par les cabinets ministériels, cooptés dans les mêmes conseils d’administration. Leur fortune s’est faite sans risque, dans l’antichambre du pouvoir.
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